Agroforesterie : un génie végétal

Dans une forêt, il n’y a pas de gaspillage, c’est un organisme géant dont l’existence dépend de l’interaction de tous. Toutefois, plus une forêt est clairsemée plus la faune et la flore sont abondantes et il est toujours impressionnant de voir des fleurs éclore presque instantanément par milliers, au printemps, au pied des arbres. Les cycles de vies sont plus remarqués. Aussi, dans une forêt il y a beaucoup de communautés insoupçonnées comme les fourmis, les champignons et les arbres. Concrètement, les fourmis assurent la dissémination du ¾ des fleurs des bois. Une forêt ne se réduit pas qu’à de la matière vivante, il y a la matière morte qui est présente dans les forêts très peu perturbées par l’homme. À titre d’exemple, à Fontainebleau, dans la parcelle du Gros-Fouteau, on estime l’humus à 235 to, par hectare.

Sabot de Vénus, la reine des plantes sylvestres et la plus haute des Orchidées ©Thomas Capelli

La forêt est essentielle. En effet, il n’y pas que les forêts primaires qui sont à charge d’être des réserves de biosphère, pour notre planète.

L’agroforesterie tend à redonner à la forêt toute sa place, celle-ci, contrairement à une prairie, est un milieu qui crée des « climax » en atténuant la chaleur du soleil et les effets de la pluie (érosion et lessivage des agrégats argileux). Ce modèle sylvopastoral réconcilie l’arbre et la prairie. Nicolas Fabre dit : « Un potager en permaculture comporte forcément des arbres, de la même manière qu’une forêt en permaculture comporte forcément des milieux ouverts ».

L'arbre dans un potager de quelques hectares, à toute sa place parmi les légumes.

L’agroforesterie permet de :

  • Créer une « spirale d’aggradation » : rendre au sol beaucoup de matière organique morte en mettant en place un cercle vertueux qui prend en compte : le sol, l’eau, les matières organiques, la litière, le climat, la biodiversité, la biomasse, les récoltes.
    Les plantes ont une meilleure nutrition et une meilleure immunité.
  • Réduire l’érosion et le lessivage des sols et apporter un meilleur équilibre des nutriments et de l’eau (moins d’excès de nitrate). L’arbre est aussi un ascenseur hydraulique avec ses racines qui régulent et redistribuent l’eau aux cultures sur un temps plus long. Le premier problème en France est l’érosion des sols, on le voit avec des crues de plus en plus courantes. Cela vient d’un dérèglement des sols parce qu’il n’y a plus de cohésion et surtout plus de « matière organique ». Une forêt absorbe sans problème de violents orages/crues. Un sol est une ressource naturelle qui met beaucoup de temps à se renouveler (les pédologues disent qu’il faut parfois jusqu’à 1000ans pour créer un 1cm de sol), un orage peut emporter plusieurs tonnes de terre en quelques minutes quand les sols sont laissés à nu !
  • Fabriquer la fertilité par le couvert végétal permanent. Une forêt est abondante et touffue par nature, elle n’a pas besoin d’intrants autre que l’énergie solaire. Tout est recyclé, rien n’est perdu. Le sol forestier recycle tous les éléments nutritifs.
  • Redonner du carbone au sol : les arbres associés aux cultures apportent de la biomasse ligneuse du fait que le bois peut stocker le dioxyde de carbone de l’air et le convertir en matière fertile (ensemble de matière ligneuse en décomposition).
  • Gagner de la place. Par exemple, une parcelle en agroforesterie sur 1 ha regroupe la parcelle agricole de 0,8 ha et la parcelle sylvicole de 0, 6 ha : c’est une économie de terre de 0,4 hectares (études A.R. Graves et al. 2010 ; dans la revue arbres et paysages 32 : « des arbres et sols »).
  • D’attirer une faune auxillaire plus abondante et donc une meilleure régulation des parasites herbivores et cryptogamiques.
  • Créer des microclimats qui protègent les cultures des turbulences climatiques, la végétation devient alors progressivement « climacique » c’est-à-dire plus adaptée à un climat donné.
  • Garantir un système agricole résilient et autonome pour sécuriser les denrées alimentaires face aux changements climatiques (épisodes de sècheresse et de pluie plus marqués qui créent des déséquilibres des prix alimentaires).
 

 

Dans cet article, ce sont les associations qui nous intéressent sur des terrains de petite à grande échelle. Cette science nous prouve que les arbres peuvent être d’excellents compléments aux cultures, tout d’abord parce que 90 % des arbres ont des mycorhizes (association symbiotique naturelle entre des champignons et des racines), les champignons représentent les deux tiers de la masse microbienne du sol (un réseau mycélien c’est plusieurs millions de km2). Nicolas Fabre prend l’exemple du seigle et de sa relation bénéfique avec les arbres, le premier en ramenant de l’humidité aux radicelles situées en surface ; en retour, les racines profondes des arbres protègent et améliorent l’épanouissement du seigle qui montre que l’agroforesterie peut être une méthode s’acclimatant à tous types de biotopes (habitat normal qui regroupe en parfait équilibre les communautés animales et végétales).

Il n’y a pas vraiment de variantes et de modèles clés, il y a différentes stratégies que nous allons tenter d’énumérer ci-dessous, il y a plusieurs systèmes de production basés sur le concept de culture arborée en fonction de l’espace, du temps et du matériel dont on dispose. En tout cas, l’agroforesterie est un ensemble systémique de cultures arborées très anciennes (apparues pendant l’Antiquité) et très spécifique selon les terrains et leurs climats, elle a été redécouverte dans les années 70 dans les pays tropicaux comme le Brésil avec M. Michinori Konagano dans la préfecture de « Tomé‐Açu » ou Cuba qui souffraient de la dépendance des intrants et de la monoculture occidentale. Elle est réapparue de façon officielle, depuis quelques années en France.

Agrosylviculture

C’est une association entre l’agriculture et la sylviculture pour mieux optimiser la gestion de l'espace, et avoir une agroforesterie stable et pérenne, au bout de quelques années.

 

 

À grande échelle, des agriculteurs avec l’appui de l’INRA et l’AGROOF ont plantés dans leurs cultures agricoles et céréalières, des rangées de cent arbres en moyenne, à l’hectare. Pour l’entretien, on fait des sélections en gardant un arbre sur trois d’ici dix ans pour finir avec cinquante arbres adultes. Les arbres sont cependant plantés alignés et doivent être adaptés au matériel utilisé pour les récoltes, le but est que l’agriculteur voit l’arbre comme un allié. Cependant, il y a des débats. Les arbres sont surtout choisis pour faire du bois d’œuvre.
Certaines parcelles peuvent être uniquement allouées pour le bois de chauffage, en favorisant un développement forestier naturel : cela commence par une prairie (pâturage), qui, sans intervention, devient une friche (vivaces, arbrisseaux). C’est à ce moment que l’homme peut planter des jeunes plants de 50 à 1m (avec tuteur et gaine) pour arriver à un stade pré-forestier et enfin, parvenir à une forêt mature qui sera éclaircie pour laisser pousser le bois d’œuvre, avant la coupe. Dans cette parcelle en rotation, on peut en profiter pour disposer des ruches, de l’élevage avec des volailles en liberté, moutons ou cochons (le nombre d’animaux ne doit pas dépasser l’équilibre de l’écosystème). Un système idéal est quand tous ces aspects sont pris en compte : « pairie, friche, stade pré-forestier, forêt mature » et qu’ils sont en rotation.

Cas pratique

Dans ce schéma, en Normandie, nous sommes intervenus sur un projet de plantation, en vue de recréer un « jeune bois naturel » pour désengorger une parcelle marécageuse sur 0,65 ha. Cette parcelle est une prairie très diversifiée et riche en azote, et asphyxiée par l’eau à certains moments de l’année. Les plantes bio-indicatrices sont : la consoude (plante indispensable et compagnonne, tant elle a des vertus dynamiques), l'ortie (Urtica dioica, grande ortie), le rumex crispus, le carex pendula, l'épilobe hirsute, etc. avec beaucoup de menthe sauvage, de myosotis, de carottes sauvages pourvus de belles ombelles fleuries qui attirent un très grand nombre de pollinisateurs, au seuil de l’été, on comptait une dizaine d’abeilles sauvages et de bourdons par m2 !

La plantation de jeunes plants âgés de deux ans à peine, dans des herbes aussi denses, nous paraissait compliquée, du fait que leur abondant développement pouvait en étouffer une bonne partie. Justement dans certaines parties, où il n'y eu aucun passage localisé de rotofil et de désherbage à la main, en plein été; les jeunes arbres ont été en quelque sorte éduqués par les herbes, pour chercher leur alimentation et l'eau, plus profondément dans le sol. Il est à noter cependant, que certains arbres comme les chênes ont plus de mal à se développer, que les aulnes ou les érables dans ce type de terrain.
C'est pour cela qu'à ce propos, nous conseillons de planter des plantes couvres sol: pour apporter de l'ombre avec le feuillage des hostas et d'acanthes et des plantes mellifères comme la mélisse, la bourrache, la menthe, la guimauve, etc. Nous penserons peut-être d'ici quelques années, à semer des haricots et du seigle pour doubler l'apport d'azote et en double fonction, davantage travailler le sol en profondeur.

Pour le choix des espèces.
La rivière est bordée de sureaux et d’aulnes glutineux (Alnus glutinosa), le deuxième est un arbre très intéressant. En plus d’avoir une croissance rapide (jusqu’à 20m de hauteur à l'âge adulte) et d’être un bon bois de chauffe, il est un arbre complément qui est un fixateur d’azote et accueille des bactéries actinomycètes du genre Frankia (mi- bactérie mi- champignon, c’est grâce à ces nodosités, que l’aulne peut fixer l’azote de l’air et se nourrir jusque dans les endroits les plus pauvres) et un champignon (mycorhizes). Il peut fixer entre 60 et 200kg d'azote par hectare et par an. Il aide en effet les autres arbres à croître et assèche les zones marécageuses
Une centaine d’arbres (jeunes plants âgés d’un à deux ans, ils ont une vigueur plus importante que des sujets « tiges ») ont été plantés, pour espérer en garder cinquante à soixante-dix d’ici quelques années.

La parcelle en question, dans un bocage normand. Il était obligatoire de disposer des collerettes en chanvre qui se décomposeront totalement au bout de 2 à 3 ans, par rapport à la concurrence des plantes herbacées pouvant les étouffer.

Avant la plantation, nous avons pensé au frêne, mais celui-ci ne pouvait être vendu par les pépiniéristes à cause de la maladie de la chalarose. Cela est bien dommage, car c’est un arbre plus que « remarquable » pour ce type de projets. Il pousse vite, son feuillage peut servir de fourrage pour l’élevage lors d’étés secs, il attire les oiseaux, son bois est très dur pour la confection de manches d’outils et enfin, son bois est intéressant pour le chauffage parce qu’il a un très bon équilibre entre croissance rapide/ apport calorifique en combustion (il tient le feu comme le chêne alors qu’il pousse aussi vite que le saule dans certaines conditions). C’est le chêne pédonculé (Quercus robur) qui a été retenu, à côté de celui-ci ont été plantés deux bouleaux (Betula pendula) qui aideront à le faire « monter » (ils poussent plus vite et feront de l’ombre, pour inciter l’arbre à monter). Le bouleau est une essence pionnière qui colonise les espaces traumatisés (on en voit beaucoup à Pripiat à côté de Tchernobyl), ils rééquilibrent le PH d’un terrain.

L’arbre idéal qui fixe l’azote, au feuillage léger pour laisser passer la lumière, aux racines profondes pour amener l’eau en surface, à la production de bois et de fruits intéressants n’existe pas ; c’est pour cela qu’avant de penser à tout prix à planter le même type d’espèce de manière très serrée pour avoir du bois de chauffe, nous avons préféré penser les associations qui tendent à long terme à avoir une véritable complémentarité. Pour une stère de 1m3, il faut compter 3 arbres de 10ans, ainsi dans notre schéma, il est tout à fait possible de créer une bonne production : en appliquant la rotation des espèces : en premier l’aulne, en deuxième le bouleau, et enfin en troisième le chêne.

Liste d’espèces d’arbres feuillus qui peuvent s’adapter sur un grand nombre de terrains :

Frêne (voir évolution maladie), bouleau, charme, aulne, robinier faux acacia, peuplier, chêne, hêtre, merisier.

Liste d’espèces de bocage pour compléter les aulnes, en terrain très humide : osier à 3 étamines (salix tiendra), osier blanc (salix viminalis, le feuillage a une belle couleur et il est utile pour la vannerie et pour faire du plessage pour les limites de sa parcelle), sureau, noisetiers.

Jeune plant de bouleau âgé de deux ans (croissance très rapide, il aide à faire monter le chêne planté à 1m50)

La forêt fruitière ou jardin-forêt

Selon les principes de la permaculture, on parle d’une forêt fruitière ou permacole quand les sept étages sont réunis (au bout de 5 ans et plus) : La multiplication des étages végétatifs maximise les rendements et propose de réellement produire de manière locale et diversifiée (selon un modèle d’agriculture vivrière et de microferme).

forest garden

La forêt fruitière est une forêt naturelle qui est comestible, elle a pour but de devenir autonome par les nombreuses associations de végétaux, en son sein. On utilise sa croissance, on accompagne son mouvement avec ces successions végétales que sont : les adventices-indigènes, les arbres arbustes rudéraux/pionniers jusqu’aux essences dominantes par les arbres. La nature tend toujours vers une forêt comme nous l’explique Gilles Clément. Une forêt est un état durable d’équilibre, entre le sol et les plantes, c’est-à-dire un climax. Le pionnier du jardin forêt en climat tempéré est Robert Hart. Celui-ci avait une vision, pensant que si tous les Anglais mettaient leur moitié de jardin en zone "jardin forêt", cela peut crée des millions d'hectares de forêts comestibles pour crée une grande abondance de nourriture, selon ces chiffres il a estimé qu'on peut nourrir 25 personnes/ha avec une forêt jardin, ce qui sur 500 000 ha de jardin privé peut nourrir 12 millions de personnes (surtout en fruits, fruits à coques et légumes).

 

Résumé du concept "jardin foret" avec Damien Dekarz

 

Évelyne lanterne du conservatoire végétal de la région aquitaine incite à retrouver des fruitiers dans nos prairies et vignes : ces petits arbres étaient autrefois partout présents dans nos campagnes françaises. On les appels, pêches de vigne du fait qu'elles étaient plantées dans les vignobles. Cette association fut tant décriée par la politique agricole en 1960. Elle nous parle de différentes associations dans les champs, dans les sous-bois, dans les vignes dites « les joualles » du sud-ouest et dans les haies bocages/autonomes :

 

 

Les forêts fruitières sont souvent dessinées en rubans continus : il s’agit de reconstituer des vergers potagers en s’inspirant des haies qui sont autonomes et protectrices. On peut dessiner et implanter sa foret fruitière en forme de croissant vers le sud en plantant face au nord pour éviter les vents frais et pour piéger la chaleur et la lumière et, inversement dans les régions très chaudes pour mieux capter la fraîcheur, au nord. Cependant il ne faut pas se mentir, la pratique régulière de la taille de transparence est essentielle pour que l'eau et les rayons de soleil passent à travers les frondaisons; sinon il y a un risque que le jardin devienne sec et froid, en particulier dans les jardin au nord de la France: Picardie, Normandie, etc.

Il y a l’exemple de Phil Corbett qui a pensé des rangées de fruitiers divers alliées à des rangs de noisetiers, entre ces rangs est prévu l’espace potager. On privilégie des légumes qui tolèrent davantage l’ombre. Comme nous l’explique Patrick Whitefield, il est important de composer suivant : la lumière et l’ombre, les agencements selon les points cardinaux (les axes est-ouest sont préférables), l’espacement des plantes entre arbres et arbrisseaux, les légumes, les systèmes racinaires, les allopathies, les associations, la succession de vie dans les étages d’arbres, d’arbustes et de légumes (un jardin forêt n’est pas statique et sa structure évolue au fil des ans) ; les microclimats (le vent, le gel, les murs, les haies, l’eau).

Une foret fruitière au Québec a fait ses preuves dans la "ferme miracle" de Stéfan SOBKOWIAK qui existe depuis 14ans.

forest fruit

Son verger biologique a été entièrement replanté en 2006 en « verger permaculturel ». Selon lui, il faut copier la nature, regarder son système et le reproduire, selon les cas particuliers. Il plante par trio : un fixateur d’azote (févier d’Amérique, robinier pseudoacacia, olivier de bohème, éleagnus dit chalef, etc.) pour 2 espèces de fruitiers différentes (pomme et pêcher, par exemple). Stefan répète le schéma par trio, en faisant des variations : une autre variété de pommier avec un prunus, pour favoriser toujours plus de pollinisation), il descend dans la strate arbustive avec les baies, en plantant par volumes de 4 : cassis, groseille à maquereau, myrtille, camérisier, etc., pour conclure, en plantant par volume de 16, des vivaces couvre-sols: alliacés (bonne compagne des fraisiers), légumineuse, menthe. Les arbres/arbustes fixateurs d’azote peuvent aussi servir de tuteurs, pour faire monter par exemple des kiwis, vignes, etc. Tout le monde à sa place.

 

 

Les haies « jardin-forêt » : Kurt Foster conseille de planter très densément quand on a une une partie du jardin mal orientée (nord avec par exemple, une route contiguë au jardin). C’est justement ici qu’il faut amener la biodiversité. En premier lieu, on constitue une butte de terre qui est maintenue avec des arbustes de haies « petits fruits » pour les oiseaux principalement, viennent ensuite les arbres : les conifères s’ils sont présents ne sont pas gênant, s’ils sont pris en compte avec des feuillus (il conseille le châtaigner comme arbre comestible, la combinaison sapins et châtaigner constitue une bonne protection contre les vents froids pour les petits fruits). Ces arbres seront des tuteurs pour des plantes grimpantes (hortensia grimpant, lierre, etc.) qui seront associées à des plantes comestibles de type baies avec la ronce (rubus fruticosus) qui supporte très bien l’ombre, les groseilliers qui regroupent dans la famille saxifragacées : les cassissiers, ceux à maquereau et les casseilles qui sont un croisement des deux précédemment cités. Sous ceux-ci, on plante par repiquage les fraisiers (qui préfère l’exposition sud) on préfère les variétés de sous-bois plus résistantes que celles des supermarchés. La hauteur n’est pas un critère déterminant, on peut aussi sélectionner des espèces qui vont à moins de 6 mètres de haut (le néflier, le murier, le goumi du Japon, le noisetier, le sorbier des oiseleurs, etc.) en entretenant et en faisant des tailles de transparence tous les automnes, comme le pratique le jardin des fraternités ouvrières de Moucron.

L’entretien d’une forêt-jardin : La taille verte ou dite de "lorette"

 

En effet, la foret nourricière des jardins de Mouscron  en Belgique attire un grand nombre de jardiniers et de fan de permaculture qui sont toujours émerveillés et surpris par cette densité d'arbres au m2, on compte 2000 arbres : tout est comestible des plantes sauvages aux salades cultivées (juste repiqués après un léger griffage).

 

 

Dans une école traditionnelle de paysage, on plante en respectant un vis-à-vis dans le but d’anticiper la croissance de l’arbre selon son étalement et sa taille adulte, et cela s'applique également pour des arbres fruitiers demi-tiges/tiges. Ici, c'est tout le contraire. On compte un arbre par mètre carré !

À ce sujet, l'association Arbre & Paysage 32 a établi une étude au jardin de Mouscron pour expliquer les multiples interactions de tel écosystèmes notamment sur le fait, qu’un arbre est une pompe à nutriment et un ascenseur hydraulique.

Dans notre cas, la gestion de la lumière par la "taille verte" est un facteur essentiel, qu'il est important de maitriser; pour tous ceux qui se dirige vers ce type de culture multi-étagée sur grande ou petite surface, pour la mise en valeur d'un ancien verger ou d'une haie bocagère.

Vous trouverez les détails techniques de ce type de taille pour les arbres fruitiers, sur ce lien

D’autre part, cette taille recouvre aussi les principes de taille de transparence qui par l’éclaircissement de l’arborescence d’un arbre, aide également à l’instar de la fructification, à prévenir les maladies cryptogamiques au bénéfice de l’air et de la lumière. Les déchets de tailles (même malades) sont laissés sur place, cela agirait comme un vaccin en incitant l’arbre à développer ses défenses naturelles ; ce qui peut être complété par un traitement de fond naturel : avec des apports de purin de prêle ou des extraits fermentés de Lamiaire. Pour récapituler, ce type de taille à l’avantage : de laisser passer la lumière, de voir au travers : en incitant le mouvement dans un jardin et la juxtaposition des couleurs à toute saison  et de permettre la cohabitation de nombreuses plantes.

 

Taille de transparence, que nous avons appliqués à un cerisier, des sureaux et un Prunus cerasifera Atropurpurea, à Paris

Allègement de la charpente et suppression de branches doublons (allant dans la même direction) sur un érable du Japon (La taille de transparence de Dominique Cousin, aux éditions Ulmer)

Enfin, le jardin de Mouscron en favorisant le compostage in situ (déchets de tailles, feuilles mortes, adventices arrachées, déchets alimentaires du foyer, tonte de pelouse, fumier animal et carton) est un paradis pour la nature sauvage. Tout en ayant conscience et connaissant la diversité présente sur le site, cette forêt-jardin est assurément l’apogée des écosystèmes cultivé, dans le but de créer de véritables micro-climats : protection contre les vents et les variations de température plus fréquentes (moins chaud/très chaud en été et hivers doux), de résister aux maladies de type cryptogamique.

Créer et entretenir, une foret-jardin demande de la connaissance botanique, de l’observation et du soin en favorisant des petites interventions régulières de « taille verte » sinon le 1er étage de la canopée prendra aisément le dessus au détriment des plantes du dessous.

L'effet recherché est de retrouver, une grande diversité végétal en copiant les lisières ou dits autrement les « Écotones » (Zone de frontière écologique entre deux écosystèmes, lieu particulièrement riche en Biodiversité).

  • Liste de fruits sauvages

  • Liste de plantes grimpantes comestibles :


    - Camérisier bleu (lonicera kamtschatica)

    -Les petits kiwis dit « kiwaïs » (actinidia arguta et melandra)

    - Les physalis (physalis peruviana)

    - Les baies de goji

    - Les baies aux cinq saveurs (Schisandra chinensis)

    - Akébie (Akebia quinada)

    - Passiflore (passiflora edulis)

    Voir en plus, la sélection du centre terre vivante, c'est ici.


  • Liste d’arbres de petite taille :


    - Mûrier Noir (morus nigra)

    - Hamamélis mollis

    - Poirier sauvage (Pyrus pyraster)

    - Pommier sauvage (malus sylvestris)

    - Pommier pollinisateur (malus x floribunda et malus perpetu ‘Evereste’)

    - Cognassier (cydonia oblonga)

    - Néflier

    - Sorbier des oiseleurs

    - Pêcher

    - Amandier

    - Abricotier

    - Merisier

    - Prunellier

    - Cerisier de Nankin (Prunus tomentosa, petit arbre qui ne dépasse pas 3m)

Sources article : Association Arbres et paysages 32 ; Nicolas Fabre, Mon retour à la terre : guide du néo-rural, éditions : KontreKulture ; Franck Nathié et son association : la forêt nourricière ; Patrick Whitefield, Créer un jardin-forêt, éditions : Imagine un colibri ; Kurt Foster, la permaculture dans un petit jardin, éditions : Ulmer.

Bibliographie"Forêt-jardin" : Patrick Whitefield, Créer un jardin-forêt, éditions : Imagine un colibri ; Sepp Holzer, La permaculture de Sepp Holzer, l'agriculture rebelle d'Autriche, éditions : Imagine un colibri; Martin Crawford, Creating a Forest Garden, éditions : Martin Crawford; Robert Hart, Forest Gardening, cultivating an Edible Landscape, éditions : Robert Hart.

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