Entretenir le jardin avec la Lune

Démarche

Dans notre approche et dans notre découverte du jardin, la lune peut être complémentaire pour effectuer certains travaux. Son effet sur les jardins ornementaux est peut-être moindre que sur un potager (importance majeure des effets sur les semis et les récoltes). L'influence de la Lune sur le potager et le jardin n'a jamais été vérifiée scientifiquement mais elle est surtout reconnue par des observations de terrains, par générations de jardiniers. Elle reste cependant un facteur parmi d'autres dans la réussite ou l’échec dans l'entretien d'un jardin, surtout au niveau de la fertilité du sol, de la taille et du respect du cycle des cultures.

On parle de "bons jours" et de "mauvais jours" pour jardiner, mais rassurez-vous, il n'y a que quatre jours environ défavorables à l'entretien d'un jardin par mois. Les facteurs défavorables sont les nœuds lunaires, l'apogée et le périgée (position de la Lune dans le ciel), et les "bons jours" se calquent selon les jours "racines", "fruits", "feuilles" et "fleurs".

Évidemment, selon les urgences, les intempéries Il n'est pas forcement possible de raisonner par "bons et mauvais jours" pour s'occuper d'un jardin et il n'est pas forcement possible de suivre le plus scrupuleusement un calendrier lunaire.

Concrètement

L'action sur les plantes se calque sur la position de la Lune dans le ciel. Lorsque la Lune est montante (influence sur la pression de la sève dans les végétaux, c’est-à-dire que quand elle est montante la sève s'élève), elle agit sur la réussite des semis, la reprise des greffes et la pousse rapide du gazon. Les scientifiques ont constatés que les plantes germent et poussent mieux, bref les effets sont plus concentrés sur la partie aérienne de la plante. Quand la Lune est descendante (la sève se mobilise dans les racines), son action valorise le travail de la terre de manière générale. Dans ce cas, les effets sont plus concentrés sur la partie racinaire de la plante qui émet plus facilement des radicelles et reprennent mieux après transplantation, par exemple. C'est le bon moment pour faire des boutures, enrichir un sol, repiquer et planter des arbres, des arbustes et des plantes herbacées et réaliser certaines tailles (pour la fabrication de l'osier, tailler le saule au bon moment permet d'éviter d'avoir des tiges courbées) et également pour épandre le compost et autres fertilisants organiques.

Ne pas confondre la lune montante et la lune croissante (action différente selon les hémisphères). Certains anciens avaient observés sur la vitalité des plantes croissant avec la lumière de la lune et qu'en conséquence, c'est à l'approche de la pleine lune que l'on récoltait les légumes qui se conserverait mieux.

Le calendrier ci-dessous prend en compte les mouvements de la Lune dans le ciel, en particulier le périgée, l'apogée et les nœuds lunaires, qui influencent assez fortement la vie sur Terre.

Le calendrier lunaire de Michel Gros 

Ce calendrier a été développé avec une analyse unique et très détaillée sur des observations à temps réel et à long terme. Vous pouvez vous procurer ce calendrier en format papier sur son site. Il en est à la 36e édition avec des études des plus fines et expérimentées par comparaison. Il s’efforce depuis un certain temps de redécouvrir la Lune avec la culture biologique en production maraîchère.

Page pratique du calendrier lunaire de Michel Gros

Dans ce calendrier, les effets généraux de la lune dans le jardin sont mis en avant par les nombreuses influences lunaires et planétaires jusqu’au rapport entre bonnes et mauvaises influences, en particulier le périgée, l'apogée et les nœuds lunaires. Ici, il y a une échelle de notification de ces influences, par rapport aux heures. C’est-à-dire qu’un nœud lunaire peut parfois avoir une action de quelques heures dans une journée. Un point à savoir pour organiser sa journée de travail.

Trois parties principales dans ce calendrier. Tout d'abord, une petite mise au point sur la compréhension de la Lune : la croissance et la décroissance de la Lune, les aspects planétaires, la météo, la Lune rousse, etc. Puis, le travail concret avec la Lune : les semis, le repiquage, le paillage, les rythmes journaliers, la préparation d’un jardin surélevé, la taille des rosiers, les purins de plantes, le compost, etc.

Ce calendrier peut paraître un peu complexe au premier abord et demande de la prudence avec l’approche "biodynamique" surtout vis à vis des signes astrologiques e des influences astrales. une lecture assez attentive pour comprendre chaque partie entre la courbe de la Lune, les signes et les périodes de travail.

C’est à vous de prendre ce que vous voulez, de prendre du recul sur ces analyses et d’expérimenter chaque point distinctement sur ce calendrier et éventuellement de noter les prestations que vous avez réalisées ce jour-là et de voir par la suite les effets. De notre coté, nous gardons une lecture uniquement sur la courbe montante et descendante, aux jours bénéfiques en cultures, aux zones de nœud, périgée et apogée à éviter.

Entretien avec Michel Gros

Pour mieux comprendre cette approche avec la Lune, voici ci-dessous un entretien que m’a accordé Michel Gros sur le sujet.

Contemplavert : La Lune a-t-elle plus d'influence sur un potager que sur un jardin d'ornement ?

Michel Gros : Les influences lunaires et planétaires ont une action sur tous les végétaux, nous n'avons pas constaté que la Lune ait plus d'effets sur un type de végétaux que sur un autre. Cela dit, suivant les influences cosmiques, certains végétaux apparaissent plus réceptifs que d'autres. Par exemple lors des semis, certaines plantes sont moins perturbées par le périgée que d'autres... alors qu'on constate une perturbation systématique lors des nœuds lunaires, et ce, quel que soit le type de plante. On peut donc dire que la force des influences lunaires et planétaires ne varie pas spécialement suivant le type de plante (légumes, fleurs, etc.), mais plutôt suivant les plantes elles-mêmes. Tout comme certains légumes, certaines fleurs sont moins sensibles et moins affectées que d'autres par certaines influences.

Cependant, dans la pratique, lors d'essais comparatifs, il est plus difficile de juger de l'impact des différentes influences lunaires et planétaires sur des fleurs que sur des légumes. En effet, avec des légumes on peut facilement peser la récolte et donc constater une différence de rendement. Cela est beaucoup plus subjectif avec des fleurs, bien que l'on puisse malgré tout constater une différence de taille, de couleurs, etc.

Contemplavert : Les effets de la Lune sont-ils seulement bénéfiques ou vraiment incontournables (notamment par rapport à la fertilité du sol et la taille des végétaux) ?

Michel Gros : Il est évident que jardiner suivant les influences lunaires et planétaires et un paramètre parmi d'autres. En effet, on aura beau semer des carottes un excellent jour par rapport aux influences lunaires et planétaires, cela ne marchera pas si on les sème sur du béton ou si elles sont privées d’eau. Il faut donc chercher à réunir un maximum de conditions favorables au bon développement de la plante et les influences lunaires et planétaires en font partie.

En ce qui concerne le caractère incontournable des effets de la Lune, seuls des essais comparatifs permettent de juger de leur efficacité. Par exemple, si pendant une année on plante à des mauvaises dates et que le rendement n'est pas satisfaisant ou que les plantes ne sont pas en forme, on attribuera vite la faute à une mauvaise année ; ou pour l'inverse à une bonne année. Il est donc nécessaire de réaliser des essais comparatifs et nous poussons d’ailleurs toujours les gens à réaliser eux-mêmes des essais pour qu’ils puissent se rendre compte de l’énorme facteur qu’occupent les influences lunaires et planétaires dans le milieu du jardinage.

L’influence sur la fertilité des sols est difficile à démontrer, mais on peut constater que si le sol est travaillé lorsque la Lune est devant une constellation ou une autre, ce ne sont alors pas les mêmes plantes qui germeront. Nous avons également observé que travailler un sol lors d’un nœud lunaire a une répercussion négative sur les prochaines cultures. En effet nos essais nous permettent de constater de nombreux « blocages » dans le sol.

En ce qui concerne la taille des végétaux, pour des arbres fruitiers par exemple, tailler en Lune descendante poussera l’arbre à la fructification alors que la Lune montante le poussera plutôt au développement du bois.

Contemplavert : Pouvez-vous revenir sur l’influence de la Lune dans les différents hémisphères terrestres, je crois qu'il y a des effets notables de la Lune montante et descendante dans l’hémisphère nord ?

Michel Gros : Si les effets de la Lune montante ou de la Lune descendante sont les mêmes d'un hémisphère à l'autre, il faut savoir que suivant les hémisphères, les Lunes montantes et descendantes sont inversées. Lorsque la Lune est montante dans l'hémisphère Nord, elle est descendante dans l'hémisphère Sud et inversement. L'inversion s'effectue au niveau de l'équateur, mais la transition de cette inversion se fait de manière progressive. Ainsi, plus on se rapproche de l'équateur moins les effets de la Lune montante et descendante se font ressentir.
En ce qui concerne les autres influences (Lune croissante/décroissante, nœuds lunaires, aspects planétaires, etc.) il n'y a pas de différences entre l'hémisphère Nord et Sud.

Observer la lune (hémisphère Nord) : On dessine un "d" : la lune est décroissante ("d" comme dernier quartier), on dessine un "p" : la lune est croissante ("p" comme premier quartier). "La vitalité des plantes augmente avec la croissance la lune"

Contemplavert : Dans ce que vous énoncez, les jours racines, feuilles, fleurs et fruits, tout est basé sur les constellations. Sur quoi se base le postulat de l’anthroposophie de Rudolf Steiner sur le sujet ? Y a-t-il un rapport avec la physiologie végétale ?

Michel Gros : Le travail de Rudolph Steiner est extrêmement complexe. C'est lui qui a mis en évidence la relation entre les différentes constellations et les différents organes des plantes. Il a considéré la plante en 4 parties distinctes qui vont du bas vers le haut et qui suivent le processus de développement et d’aboutissement de la plante. Les racines qui correspondent à l’élément Terre, les feuilles à l’élément Eau, les fleurs à l’élément Air et enfin les fruits (et graines) qui correspondent à l’élément Feu.

Pour comprendre l’exacte origine de ce postulat, il est nécessaire de se plonger dans les écrits de Rudolph Steiner qui, de par leur richesse et leur complexité, ne peuvent se résumer en quelques lignes. Cependant, dans la pratique, nous avons pu maintes fois vérifier sur le terrain que les influences des constellations sont la base des influences lunaires et planétaires.

Contemplavert : Par rapport aux « bons et mauvais jours » (nœud lunaire, périgée et apogée), si je n’ai pas le choix, et que je jardine un jour de « nœud lunaire » quel sont les perturbations notables ? Le végétal s’épuise ? Ces perturbations se vérifient à partir de combien de temps ?

Michel Gros : Tout dépend de l'action à réaliser. Si par exemple il s'agit de faire des semis ou bien de planter, il est alors fortement déconseillé de le faire lors d'un nœud lunaire. En effet, le résultat sera beaucoup moins satisfaisant, la plante sera moins vigoureuse et aura tendance à végéter, elle sera également plus vulnérable aux attaques de parasites et aux maladies. Un nœud lunaire a lieu à une heure précise, plus on se rapproche de ce moment, plus la perturbation sera importante. En ce qui concerne le rendement, nos essais comparatifs nous ont permis de constater une différence allant du simple au double. En semant toutes les heures à partir de 8 heures avant et 8 heures après le nœud lunaire, le rendement (de la récolte) diminuait à mesure que l'on approchait du nœud, pour augmenter à nouveau à mesure que l'on s'en éloignait (avec comme mentionné plus haut, une variation du simple au double). Nous avons également constaté que les graines produites par les plantes semées pendant un nœud lunaire engendraient elles aussi des plantes moins vigoureuses.

Si dans un autre cas, il s'agit d'une action moins importante pour la plante (type sarclage, désherbage, etc.) et que l'on a réalisé cette action pendant un nœud lunaire, alors il faudra compenser cette influence négative par une autre influence positive, c'est-à-dire en refaisant une action du même type lors d'un bon jour, ce afin de restaurer un équilibre.

Contemplavert : Ces perturbations se vérifient à partir de combien de temps ?

Michel Gros : En théorie, dès que la plante commence à germer et que l’on peut faire un constat visuel (la germination peut également se faire attendre plus longtemps). Cependant, en pratique, on peut noter des différences suivant les plantes. En effet, sur certaines plantes on ne constate les perturbations qu’au moment de la récolte.

Contemplavert : Dans votre rubrique « travailler avec la Lune », on voit dans le dernier chapitre des tas d’options qui montrent l’influence de la Lune sur le nettoyage, les conserves, le drainage, etc. Vous avez fait le tour ?

Michel Gros : Merci de cette question. Effectivement, il y a encore de multiples domaines sur lesquels la Lune exerce une influence. Nous continuons actuellement nos recherches et sommes en train de développer de nouveaux sujets ; cependant c'est un travail long et fastidieux, car nos essais ainsi que les informations auxquelles nous avons accès demandent à être vérifiés de nombreuses fois.


Crédits images : Calendrier lunaire de Michel Gros

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