La parasitologie biologique

Dans le soin du jardin, la conscience écologique du bon sens gagne du terrain. Nous évaluons les différentes interventions possibles et optons pour celles qui créent le moins d'impact négatif pour le milieu et les êtres vivants qui y évoluent.

Sans parler de solution naturelle miracle, nous nous plaçons dans l'optique d'utiliser le bon produit au bon moment pour limiter au maximum les rejets de matières actives dans l'environnement, on réfléchit à une prévention d'avantage naturel. Les substances chimiques à utiliser en tout dernier recours, doivent être à action systémiques pour que le produit touche la plante et se diffuse par la sève à l'intérieur du végétal pour atteindre sa cible : parasite ou maladie.

La chrysomèle rayée des cucurbitacées

Maladie de l'alternariose

Nous sommes habilités à utiliser les trois grandes gammes de produits phytosanitaires que sont : les insecticides et acaricides  qui agissent contre les ennemis des plantes appartenant au règne animal (insectes), les fongicides, destinés à lutter contre les champignons microscopiques et les herbicides pour le destruction des plantes indésirables.

Un diagnostic pour utiliser de tels produits intervient selon un bilan "ravageur" avec un seuil d'intervention.

En somme, l'emploi de produits phytosanitaires chimiques est préconisé en tout dernier recours.

Nous encourageons avant tout l'utilisation de produits naturels : auxiliaires biologiques (coccinelles, arachnides, nématodes, etc.), méthodes culturales basiques via le désherbage mécanique et la pulvérisation de produits biologiques (extraits de plantes, algues, etc.). Concernant les produits purement naturels, il est possible de s'en servir, mais uniquement de façon préventive.

La méthode selon nous qui convient, dès apparition de ravageurs: On regarde si le jardin est pourvut suffisamment de coccinelles, de syrphes, de chrysopes, etc. qui suffisent à limiter leur développement, avant de passer par la case pulvérisateur.

Pulvérisateur old school

La méthode biologique, les nombreuses alternatives

Contres les pucerons: le savon noir (triple action sur la fumagine de la cochenille farineuse et l'oïdium, 30 ml de savon noir pour 1 litre d'eau de préférence tiède (pour un meilleur mélange), laisser un peu refroidir. L’idéal: le pulvérisateur ou l'éponge pour petits arbustes. Cependant, cette technique naturel doit nécessiter de la constance, une pulvérisation tous les 10 jours environ, allié au purin d'ortie. Le savon noir est un excellent mouillant pour tous types d'insecticides naturels.

Du même alibi que certaines plantes carnivores, la Capucine est idéal pour recueillir les pucerons, une fois que le pied de Capucine est vraiment envahi on l'arrache, on l’évacue ou la brûle.

Nous préférons certains répulsifs constitués de purins ou de décoctions de plantes, comme la menthe fraiche hachée, l'absinthe, la tanaisie (efficace contre aleurodes) et bien sûr l'inévitable purin d'ortie (efficace contre pucerons) qui fertilise tout en protégeant. Le purin d'orties est véritablement un élixir pour le jardin en plus de protéger, c'est un engrais naturel et un grand dévoreur de nitrate et de phosphore (qui en grande quantité, peut appauvrir un environnement). En résumé, le purin d'ortie à trois actions : Insecticide, engrais et accélérateur de compost.

La Roténone : insecticide non toxique d'origine végétal, qui est surtout utile contre les Altises et les Doryphores qu'on peut associer à de l'huile de colza et du pyrèthre pour une ingestion plus rapide sur les insectes (si forte attaque).

La Pyrèthre : Insecticide très efficace contre une grande palette d'insectes et d'acariens, mais attention celui-ci n'est pas sélectif, donc peut affecter les abeilles. On évitera de traiter en période de floraison.

Le BT (Bacillus Thuringiensis) : Insecticide naturel polyvalent qui est une protéine extraite de la bactérie, sous forme de poudre. Efficace contre tous types de chenilles.

Avant de passer dans les commerces. Certains insecticides naturels se font à la maison, ils sont très efficaces, en particulier, celui à base d'Ail qui est très efficace pour éloigner certains parasites surtout les pucerons et le "Lessis" à la cendre pour protéger et contrôler toutes les larves de mouches sur les cultures et les plantes.

Pour les maladies cryptogamiques, le soufre mouillable se pulvérise, ces vapeurs sont préventives et curatives sur l'oïdium et sur quelques acariens. Il faut éviter de traiter avec celui-ci quand les températures dépassent les 30°C. L’indispensable cuivre présent dans la bouillie bordelaise est surtout préventif, il n'a pas d'action curative donc il ne sert à rien d'assister pour traiter un champignon, il développe juste un film bleuâtre qui empêche les spores des champignons de germer et de contaminer la plante (freine le métabolisme) et agit sur les bactéries.

D'une manière générale, comme il est souvent expliqué sur ce site, plus le sol est équilibré (Ph neutre) et garde une activité biologique intense plus les plantes auront de l'énergie pour éviter les maladies. Ainsi, le charbon de bois renforce le terrain  en le purifiant et l'assainissant, à utiliser minutieusement de façon localisé. On prévoit 100 à 300 g/m2 en incorporant au sol (bien disperser). On peut aussi utiliser la suie pour 200 à 300g dans 10 litre d'eau en laissant macérer quelques jours et épandre sur le sol en pulvérisant.

Les actions directes sur la plante, voir dans les magasins biologiques l'extrait de pépin de pamplemousse qui est très efficace d'une part sur l'homme et d'autre part sur la plante en pulvérisant sur la plante pour 35 à 40 gouttes par L/eau (on renouvelle tous les 30 jours). Toujours pour les maladies cryptogamiques, le purin de compost (pour 10 litre d'eau, laisser macérer pendant 1 semaine 1/2, murissement après 6 mois) est efficace contre les maladies cryptogamiques en pulvérisant sur les feuilles.

Autres techniques de prévention : Barrières anti-limaces, avec les cendres, aiguilles de pin, marc de café mélangés, ces matériaux à petite dose (attention au sol et à sa composition et à renouveler après chaque pluie).

Enfin, il est essentiel de comprendre que ces produits naturels peuvent être appliqués en prévention aussi bien que comme curatifs. Ils sont suffisants, si on mesure bien le seuil d’intervention de la zone à traiter. Les produits phytosanitaires sont à utiliser en dernier recours, selon la superficie. Dans notre cas, nous nous inscrivons dans une démarche de "gestion raisonnée".

Les plantes répulsives, insecticides et fongicides

- Ail: Efficace contre les pucerons, acariens et mouche de l'oignon. Par macération dans 100g d'ail à éplucher et à hacher dans de l'huile de lin. le lendemain, ajouter 1l d'eau, à brasser et à pulvériser dilué à 5%*.

Son action fongique est utiles contre la cloque du pêcher, la pourriture des fraisiers et la rouille et fonte des semis; utilisation par décoction de 100g hachés dans 1l d'eau (ébullition et infusion 1h). A pulvériser pur.

- Capucine: Écarte les mouches blanches et surtout les pucerons. A planter ou semer dans des massifs de rosiers, utile aussi près des arbres fruitiers et dans tous les endroits du potager.

A une action fongique contre le chancre des fruitiers et le mildiou de la tomate par infusion de 500g de feuilles dans 5l d'eau bouillante (10min). A employer pur par pulvérisation et arrosage, diluer à 30%* sur la tomate.

- Fougère: La plus efficace; surtout contre les larves de taupins, les pucerons lanigère les insectes de type cicadelle des vignes. Par fermentation, 1kg de feuilles pour 10l d'eau pendant 4-5 jours. Pulvériser dilué à 10%*, dans le sol contre les larves et aérien)

- Lavande: Faire infuser les parties fleuries 100g pour 1l d'eau. A pulvériser pur. Action: Éloigne un spectre très large d'insectes.

- Lierre: Utile contre les aleurodes, acariens et pucerons. Par fermentation dans 10l d'eau pour 1kg de feuilles et employé dilué à 5%.

- Menthe: Écarte tous type de pucerons (vert à noir). Par infusion de 50 g de plantes dans 1l d'eau, à pulvériser pur.

- Ortie: Intéressante contre les acariens jaunes et rouges mais surtout contre les vers des pommes. Par macération dans de l'eau froide pendant 12h, on compte 10kg pour 10l et pulvérisation de l'extrait pur.

- Prêle: Au delà d'être un très bon fertilisant, elle est répulsive contre le ver du poireau et l'araignée rouge qui infestent un très grand nombres d’espèces végétales. Par fermentation, 100g de plantes sèches dans 10l d'eau froide. Comme pour le Lierre, à pulvériser dilué à 5%.

- Sureau: A utiliser pour écarter les rongeurs. Par fermentation à base de 1kg de feuilles fraiches dans 10l d'eau, puis laisser macérer pendant 3 jours puis à employer pur en arrosage et efficace par décoction (1kg de jeunes feuilles pour 10l d'eau) par pulvérisation non dilué contre les altises, les pucerons et les thrips.

*5%: 5cl pour 1l, *10%: 10 cl pour 1l et 20%: 20cl dans 1l.

Note: On pulvérise de préférence le soir ou le matin tôt, éviter si possible, en exposition direct au soleil

 


Sources/Sources photographiques : Horticolor, Purin d'ortie & Cie

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *