L’agenda : saisons d’intervention

Les interventions et les prestations incontournables se fixent sur les saisons (même si elles sont d'avantages dérégulés, de manière générale)

  • Le réveil de la végétation, de mi-février à mi-mars : taille des arbustes à floraison estivale (ils fleurissent sur le bois qui sera produit pendant l'année, à tailler avant le départ de la végétation en fin d'hiver), taille de formation des rosiers.
  • Le premier printemps (du 20 mars à fin avril) : traitement pré-floral pour certains arbustes et arbres (exemple : bouillie bordelaise en prévention), plantation des arbustes persistants, semis du nouveau gazon.
  • Le printemps (de fin avril au 15-20 mai) : taille de mise en place et tuteurage pour les vivaces (on enlève les pousses les moins vigoureuses et on supprime les 3 à 4 cm supérieurs de chaque tige, dans le but de retarder la floraison), taille des fleurs fanées sur les bulbes à floraison printanière, fertilisation azotée pour préparer la floraison des rosiers.
  • La fin du printemps (du 20 mai à fin juin) : suppression des premières fleurs fanées, plantation des plantes en conteneurs, tonte un fois par semaine.
  • L'été (de fin juin à septembre) : semis des bisannuelles, division des vivaces pour les régénérer, taille des haies dont la formation est achevée, évaluation du paillage (économie de l'eau dans les massifs).
  • L'arrière saison (de septembre aux premières gelées) : plantation des conifères pour un démarrage idéal au printemps, création d'une nouvelle pelouse (semis ou plaque) du 15 septembre au 15 octobre (période idéale), aération du sol et fertilisation du gazon par mélange de tourbe et de sable.
  • Le repos de la végétation (de novembre à mi-février) : organisation du compost par couche entre les déchets verts (azote) et les feuilles broyées (carbone), fumure d'hiver (fumier déshydraté et compost enrichi) pour les massifs et certains arbres en surface, plantation et transplantation des arbres, rosiers et arbustes caducs à motte.

Hamamélis, les fleurs poussent sur les rameaux avant l'apparition du feuillage

Par rapport à cette règle du respect des saisons, le but est qu'un jardin récupère et s'embellisse de façon optimale. Beaucoup d'entreprises, par souci de rentabilité prône ce maitre mot : "faire propre", ne prenant alors presque plus en compte ces facteurs : les exigences du végétal, ses spécificités, les besoins du sol, la saisonnalité et le respect du vivant.

Le climat doit être aussi pris en compte au niveau national pour comprendre ces actions sur les plantes. Sur la terre, nous parlons de climat tropical, tempérée, froid, désertique,etc. ces indicateurs de climat correspondent au temps qu'il fait en général dans une région et influencent la vie de la végétation mais aussi des populations. Ci-dessous, une carte montrant avec précisions, l'influence de zones qui n'indiquent par forcement des zones de rusticité selon si elles sont montagnard ou océanique mais les variabilités sur des saisons, selon les floraisons, les fructifications, etc.

Carte de France des climats; source : Atlas agroclimatique saisonnier de la France, 1980

Carte de France des climats; source : Atlas agroclimatique saisonnier de la France, 1980

L’extérieur de nos habitats doit-il forcement ressembler à nos intérieurs ?

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Décalage des saisons et influences

Comme vous l’avez sans doute remarqué à la fin du mois de février, nous constations un décalage saisonnier (presque deux mois d’avance) à certains endroits en France, surtout dans les grandes villes où les températures sont souvent supérieures de 2°C.

L’observatoire des saisons parrainé par le CNRS, constate un printemps avant l’heure, le 5 janvier 2016. En effet, un bon nombre d’espèces à floraison hivernales et printanières se sont mises à fleurir massivement dès le mois de novembre pour les espèces à floraison hivernales telles que le mimosa, noisetier et cognassier du japon, et le mois de décembre pour les espèces à floraison printanière telles que les iris, jonquilles, cerisier et autres prunus, forsythia, lilas… Sur le terrain dans la région parisienne, nous constations au 21 mars que les cognassiers japonais étaient en fleurs dès la mi-janvier, les jonquilles dès débuts février, dont certaines finissaient leurs floraisons, les narcisses avec un mois d'avance, les magnolia soulangeana depuis 2 semaines et un grand nombre de prunus étaient en fleurs depuis environ 2 à 3 semaines.

Par conséquent, nous avons demandé à Antoine Bosse-Platière, rédacteur aux 4 Saisons du jardin bio de la SCOP « terre vivante » de nous apporter des éléments de réponse pour compléter ce travail d'observation.

Q : Est-ce que ces décalages saisonniers peuvent changer l’adaptabilité de certaines plantes dans certaines régions : disparition, apparition de certaines espèces ? On voit par exemple le Buis qui est infesté par la Pyrale (herbivores) et le Volptua volubis (champignon), celui-ci est peut-être amené à disparaitre ? Le marronnier et la mineuse ? En somme, y a-t-il un lien entre ces maladies et le climat ?

R : Les spécialistes le disent tous, le changement climatique aura, à plus ou moins long terme, une influence sur la végétation et sur ses zones de répartition. Les exemples de la pyrale du buis et de la mineuse du marronnier n’impliquent pas le climat comme cause principale (l’arrivée de ces insectes est surtout liée à la généralisation des échanges),  cependant le facteur aggravant est : l’absence de froid hivernal favorisant les infestations.

Q : S'il y a un véritable réchauffement, cela veut dire qu’il y aura une nouvelle carte des saisons pour une nouvelle distribution des végétaux en France ? Ce qui favorise alors, des espèces exotiques envahissantes face aux plantes indigènes ?

R : Il y a déjà des modifications dans la distribution des végétaux, les premières études ont porté sur les peuplements forestiers. Ce ne sont pas forcément les plantes exotiques envahissantes qui l’emporteront face aux plantes indigènes, tout dépend de leurs exigences climatiques. On commence à se rendre compte que la diversité est un bon moyen d’adaptation et de résistance.

Pour en savoir plus, voir notamment INRA - Réchauffement climatique et obs-saisons

Q : Est-ce que le calendrier d'entretien du jardin d'ornement à potager est amené à changer ? En particulier pour les tailles, les plantations et les semis. Vous dites dans le dernier Les 4 Saisons du jardin bio, hors série n°9 que les décalages saisonniers et les recherches en phénologie sont à relativiser dans l'importance des travaux dans le jardin, surtout par rapport au risque de gelée tardive.

R : Le calendrier des semis et des plantations peut être avancé dans beaucoup de régions, mais il y a  toujours un risque avec les gelées tardives… Le jardinier doit s’adapter, il peut utiliser des voiles de protection… La pression des maladies et des ravageurs risquent aussi d’augmenter et de nécessiter plus d’interventions.

Q : Enfin, les décalages saisonniers sont plus repérable et observable, du fait qu'ils sont marqués dans un laps de temps plus court 2011-2014-2015, sera-t-il presque obligatoire de favoriser les microclimats via les techniques de permaculture ou d'agroforesterie tant pour les petits espaces avec les jardins ornementaux, de production périurbaine, de microferme en gestion permacole à des espaces plus grands avec des fermes en gestion agroforestière ?

R : Les arbres et arbustes jouent un rôle important de régulation microclimatique (sans parler de leurs autres effets bénéfiques). Cela renforce effectivement l’intérêt d’approches comme la permaculture et l’agroforesterie, à condition de les mettre en œuvre de manière pragmatique et non dogmatique.

Merci à
Terre Vivante

Terre Vivante

Vous trouverez, le magazine les 4 saisons du jardin bio sur ce lien

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