Land Art et paysagisme, chroniques

Andy Goldsworthy

Le documentaire Rivers On Tide de Thomas Riedelsheimer, ou la contemplation du « fabriqué avec rien », 100% naturel.

Les œuvres de l’artiste écossais Andy Goldsworthy sont dressées et regardées avec la musique de Fred Frith qui est tout aussi absorbante que celle de Philip Glass dans la trilogie des Qatsi de Godfrey Reggio. Le deuxième montre une croissance déséquilibrée. À l’inverse, Andy Goldsworthy montre une croissance naturelle et sereine, qui crée, aussi petite soit-elle, ces bouleversements et ces secousses entre divers éléments. Ces œuvres d'art ne marquent pas le paysage mais collaborent avec lui. Le but est d'atteindre une relation intégrale entre ce paysage et l'œuvre d'art, avec des éléments, durs, aqueux, avec la lumière, les saisons et la pluie... L’œuvre en subit dès lors, des transformations.

Andy Goldsworthy à l'oeuvre

Andy Goldsworthy à l’œuvre : assemblage de tiges de fougère encastrées.

 

Ces mouvements donnent le relief à l'œuvre. Le paysage devient alors une aire d’accueil que l’artiste se réapproprie. Avec Andy Goldsworthy, l’œuvre doit s’altérer avec les conditions climatiques. À chacun sa métaphore : le « serpent de feuille » tissé avec les pédoncules, qui se met en mouvement grâce à la rivière, le monolithe de pierre évoquant un nid ou une graine, ou un radeau échoué se laissant submerger par la marée... Selon lui, ces œuvres doivent croître, subsister et se dégrader; elle deviennent vivantes et s’animent avec le temps, par la lumière et l’eau.

Serpentins de glace

Serpentins de glace

Cairns de glace

Cairns de glace

Andy Goldsworthy travaille avec ses « mains nues », c’est-à-dire qu’il n’a rien en outils. Il observe et voit ce que lui offre la nature au moment de l’intuition. Excepté l'opinel, pour découper les fougères (du fait, que les filaments des tiges de fougères sont très coupants), il se veut au plus proche des matériaux et les concevoir à mains nues jusqu’à en perdre les mains, quand il fait -20°.

Stone River, « rivière de pierre »

Serpentin de feuilles, juste relié par des "pédoncules"

Son concept est de représenter des « flux invisibles » qu’il matérialise dans la nature, l’œuvre procure alors des mouvements dans le paysage qui est fixé. La majorité de ces œuvres sont des spirales et des courbes. Andy Goldsworthy, avec une vision « naturaliste », voit ses œuvres comme des couleurs et des énergies coulant de toutes choses sur la "peau" de la terre.

Le land Art en Angleterre


Giuseppe Penone

L'Arte Povera (produits pauvres) est apparu au milieu des années 60. C'est une attitude qui évolue en parallèle du Land Art, ce dernier est un inspiration du moment qui ne se laisse pas classer dans un mouvement. Le Land Art veut toucher le matériel, la texture et place dans l'espace des volumes qui le dynamise plus ou moins durablement. Et c'est l'environnement qui guide l’œuvre et pas l'inverse, comme vu précédemment avec Andy Goldsworthy.

Espace de Lumière - Bronze

Arbre frappé - Bronze

L'Arte Povera n'est pas tout à fait dans cette dynamique, mais elle recours à des matériaux naturels comme la terre, les minéraux, les formes naturelles. Cet art se veut contestataire et n'est pas un échange avec l'environnement. Il revendique une pensée qui réagit face au Pop art qui est d'une certaine façon l'art de la société de consommation.

Guiseppe Penone sculpte des éléments naturels avec des matériaux pauvre, représentant la fragilité et l’éphémère mais sans une interaction total avec l'environnement extérieur.

Giuseppe Penone - Versailles - 2013

Chris Drury

Cet artiste de land-art expose des œuvres vers une critiques sociales écologiques. Ci-dessous, l’œuvre magistral de 18 m de diamètre "Carbon Pool": un "cercle de vie des arbres" qui après avoir vécu dans leurs splendeurs et devenant de sages chandelles bucheronné, finissant par tomber. Cette représentation de la transformation qui comme un vortex revient nourrir la terre et non, crée du charbonne qui serait plus de gâchis pour l’atmosphère.

Carbon Pool, Chaumont sur Loire-2014. Photos de Eric Sander sur http://www.ericsander.com/#

Carbon Pool, Chaumont sur Loire-2014. Photo de Eric Sander

 Forestier de François Sechet

Forestier-1-Francois-Sechet

Forestier-2-François-Sechet

François Sechet sous forme de diptyque, nous présente des portraits de gardes forestiers attentifs et pris dans leurs contextes. Immerger dans leurs forêts, les situations sont souvent cocasses. De la forêt feuillue, à la forêt tropicale, en passant par la forêt primaire avec pour chacune d’elle, des problématiques bien particulières quand on sait qu’une forêt tropicale est souvent un ensemble de 12 strates, contrairement à nos ensembles tempérés qui sont munis de 4 à 7 strates. Ce biotope est compartimenté en strates racinaires, herbacées, arbustives et arborescentes. Le terrain des forêts domaniales (ONF) s’étend sur plus de 10 millions d’hectares, en métropole et dans les DOM.

Son ouvrage, ici.

 Le Bois de Morville à Varengeville sur Mer, réalisé par Pascal Cribier

Avant de créer un tel jardin, il a fallu de nombreuses heures d’observations et de recherches à Pascal Cribier. Le bois de Morville est reconnu comme un lieu sûr et intime où la nature est presque idéalisée à certains endroits. Toutes les strates, des grands arbres indigènes (chêne, hêtre) aux arbustes horticoles (magnolia, rhododendron et azalée) en passant par les plantes couvres sols ont été taillés et plantés avec une grande précision, mais sans aucune rudesse. Pascal Cribier a créé un jardin intime et romantique, favorisant selon ces mots "une relation amoureuse au jardin" pour que les végétaux puissent s’exprimer et se développer totalement. Une domestication de la nature cherchant l'harmonie, et dont le but du paysagiste a été (comme dans un jardin-forêt) de faire rentrer, le plus de lumière.

Pascal Cribier est décédé au début du mois de novembre 2015.

Will Beckers

Il tresse et plisse des branches d’osiers pour en faire des cabanes ou des tipis, en mouvement. Des formes pouvant faire penser à des huttes d’Indiens d’Amazonie, qu’on peut voir dans le film Cannibal Holocaust ou à des Kamis, dans la tradition shintoïste japonaise présent dans le Voyage de Chihiro de Hayao Miyazaki.

Ces sculptures sont surtout visibles dans le village de Venlo, aux Pays-Bas.

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