Butineuses de bivouac: les abeilles sauvages

Le déclin des abeilles est reconnu depuis une vingtaine d’années, avec des mortalités hivernales qui dépassent fréquemment les 30 % dû notamment, à l’exposition des pesticides et à la diminution de la diversité des ressources alimentaires, notamment dans les régions privilégiant la monoculture. La nature est alors à regarder comme tel qu’elle est, et non comme un fantasme. La nature comme une création, une création aussi blessée que l’homme. En effet, malgré un grand nombre de pollinisateurs dans la famille des auxiliaires, les abeilles assurent avec modestie, à elle seule jusqu’à 85 % de la pollinisation des plantes à fleurs. Une adaptation poussée à la récolte de pollen, qui lui sert à nourrir ses larves. Tout son corps et son comportement a évolué que dans un but : la pollinisation. On peut le distinguer avec ses poils branchus, ses peignes et ses corbeilles.

La plantation de jachères fleuries autour de ces cultures ne suffit pas, quand on sait que les arbres et les arbustes offrent plus de fleurs qu’un parterre d’annuelles, sur une année. Par exemple, la présence d’un seul tilleul dans un jardin attire un nombre très élevé de pollinisateurs : abeilles, mais aussi syrphes, bourdons, cantharides, xylopes, papillons. Il faut reconnaitre qu’un bon tiers de l’alimentation mondiale dépend encore de la pollinisation des insectes.

Il y a deux types d’abeilles, les domestiques et les sauvages. La première Apis mellifera n’est pas la seule pollinisatrice des cultures, il y a grande part d’abeille sauvage qui ont autant, voire davantage, une pollinisation plus efficace induisant une fructification plus élevée. Quoi qu’il en soit, il y a complémentarité entre les deux types, il faut juste faire attention à que la taille des ruchers des domestiques ne soit pas trop grande, pour éviter la compétition.

Qui sont ces abeilles sauvages ? On trouve les Osmies, les Anthidie, la Collète du Lierre, l’abeille charpentière dit Xylocope (de couleur bleu métal), le bourdon, etc. Il existe environ mille espèces d’abeilles dans le monde, qui effectue entre 80 à 85 % de la pollinisation.

Les Osmies dans leurs ruches

Une abeille sauvage : Anthidie

Il faut alors penser des espèces qui fleurissent toutes l’année mais ce qui nous intéressent ici, c’est de voir qu’un certain nombre de pollinisateurs préfèrent les fleurs sauvages qui sont souvent des fleurs simples : le pissenlit, la primevère, le lierre, le coquelicot, le fenouil, la menthe sauvage, etc. ; mais encore toute la gamme des « engrais verts » qui sont semés, à tout moment de l’année pour des parcelles en jachères : la phacélie, la bourrache, la consoude, le sarrasin (qui fleurit à l’automne), etc. La nature est extrêmement belle et bien faite, c’est le cas de la fleur de sauge, la majorité de celles-ci sont pourvues de piste d’atterrissage et d’un service de préparation de commande. En regardant de plus près, le poids de l’insecte qui se pose fait basculer les étamines sur son corps, situées juste au-dessus.

Les fleurs « piste d’atterrissage » des Sauges des Près

Dans les arbustes : le romarin peut fleurir durant 6 mois ; le très rustique arbre aux papillons (Buddleia davidii) décrit précédemment attire de fin mai à fin octobre, une très grande diversité de pollinisateurs.

En complément, les documentaires vidéo :

Les très belles photos macro, des butineuses de Sandrine Berjonneau, sur ce lien

 

Butineuse, Photo de Sandrine Berjonneau

Butineuse, Photo de Sandrine Berjonneau

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