Permaculture, concept et application

La permaculture est une véritable « écologie locale » qui favorise l’essor de lieux décentralisés et autosuffisants, à l’instar d’écosystèmes naturels, tout en prenant compte de l’adaptation de l’homme dans celui-ci. Cette adaptation dépasse une certaine « idéologie verte » qui accuse l’homme sous couvert d’écologie à tout prix. Il s’agit juste de redonner un sens à une véritable harmonie entre ces deux entités, l’homme et la nature pour créer un environnement naturel viable, durable et autonome ou plutôt, de prendre en considération toutes les formes de vie présentes dans un « biotope ». Par exemple, nous tirons parti d’une herbe indésirable, nous regardons l’acclimatation des productions. Cette démarche est venue en contestation à l’artificialisation des écosystèmes, surtout des parties agricoles et jardinées ou l’abondance des productions devenait gaspillage. Dans une démarche de permaculture, tout est récupéré ou redistribué, l’intelligence permacole est à l’opposé de l’esprit malthusien.

La perma-culture, (cultures permanentes) est « un système de conception des installations humaines qui s’inspire de la nature » selon les mots de Charles Hervé-Gruyer. Le but est de chercher à recréer une grande diversité et d’interdépendance qui existent dans les écosystèmes. Chaque élément va profiter aux autres, se nourrir de l’ensemble et anticiper la culture de sa terre avec un faible impact écologique, c’est un modèle en boucle qui ne produit pas de déchets. Les applications physiques de la permaculture sont globales et multiples : villes en transition, entreprises, économie, énergie. La démarche de la permaculture se veut d’abord agricole, incitant l’horticulture et le jardinage à devenir des supports viables à long terme. Cela implique de comprendre les différentes cohabitations avec la nature, de mettre les plantes en relation et non pas, en concurrence. En d’autres termes, nous regardons d’avantage des interactions complémentaires et positives entre celles-ci. Par exemple, nous allons implanter des « herbacés tapissantes » pour étouffer les « adventices indésirables » qui n’auront ni place, ni lumière, ni eau pour se développer. On pourra ajouter à cela, une association de « ligneux en bocage » protégeant des vents, du soleil brûlant et de nombreuses racines afin d’aéré les sols argileux.

couverture végétale

Couverture végétale dense et tapissante pour lutter contre les adventices


Haie blocage

Haie bocage indispensable, couvre-vent et diversifié. Avant de penser la permaculture sur un site, toujours regarder ces « contours ».

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’origine de la permaculture viendrait surtout du Japon, où Masanobu Fukuoka a prôné le « non-agir », en observant l’intégration de tous les règnes naturels en synergie notamment dans son ouvrage : La Révolution d'un seul brin de paille : Une introduction à l'agriculture sauvage écrit en 1975. En Australie, David Holmgren et Bill Molisson en 1978 ont défini en premier le terme « permaculture » dans deux livres : Permaculture One et Permacutlure Two. La permaculture signifiait à l’origine, agriculture permanente, puis le concept s’est élargi actuellement pour devenir culture permanente et durable, économe et productive, s’appliquant à tous types d’espaces jardinés et micro-agricoles (jardins classiques, familiaux, fermes, monastères, agriculture vivrière, productive, etc.). En effet, c’est tout un paysage qui devient totalement comestible, il n’y a aucune perte dans l’espace quelque soit sa superficie.

Pour mettre en œuvre la permaculture, on doit observer le « biotope » (milieu physico-chimique) de l’espace vert. Pour cela il faut être attentif à :

  • La botanique et l’adaptation de ces végétaux aux changements climatiques saisonniers, plus nombreux et imprévisibles.
  • L’association en phytosociologie et la prise en compte du biotope originel, de chaque plante, au-delà du compagnonnage.
  • La physiologie typique à chaque plante (port, croissance et enracinement) et leur cohabitation.

Les techniques de jardin biologique améliorent grandement la fertilité et l’activité des sols. Bien sûr, ces techniques s’inscrivent dans le long terme et non pas de résultats instantanés là ou un engrais de synthèse aurait rapidement un effet. Les parcelles d’exploitation évoluent de manière à préserver un état naturel : par exemple, arrêter de bécher en donnant juste un minimum d’amendement et de fertilisation naturelle au moment de l’implantions d’arbres et d’arbustes aux racines profondes. Néanmoins, les témoignages issus d’expériences longues nous disent, qu’il n’est plus nécessaire de passer par la case « amendement, fertilisation et traitement naturel » ; au bout de quelques années, l’espace s’autorégule, notamment la terre qui devient davantage molle, drainée et fertile : un véritable couscous ! dirait Claude Bourguignon. C'est pour cela que le permaculteur veut éviter toute dépense d’énergie inutile, d'une part par souci écologique, et d'autre part par volonté de laisser faire le plus possible la nature, de juste l'orienter avec le jardin.

Le paillage assure une litière ayant un rôle essentielle pour comprendre: « le sol qu’on doit nourrir, pour nourrir les plantes », la surélévation, les buttes, le compostage de surface seront sources naturelles de matières organiques qui contribueront à améliorer le drainage du sol pour arriver à retrouver une terre nourricière. Comme dans la forêt, les champignons apparaissent et jouent un rôle essentiel, ils constituent le plus important réservoir de bio-masse au monde. Ces enchevêtrements de filaments, uniques de par les racines, contribuent à l’apparition du végétal sur terre et à sa croissance. La permaculture aide à cette symbiose. La mycorhize est un processus d’échange de glucose par les feuilles et de minéraux et d’eau par le champignon.

La permacutlure est essentielle pour penser l’avenir des espaces verts dans leurs grandes diversités et utilités, en s’adaptant à tout milieu et en aidant fortement notre transition climatique (nous constatons une météo extrême oscillant entre des pics de chaleur et de pluie forte avec des phénomènes de battance et d’érosion, des hivers plus courts et de moins en moins froids, des plantes qui sont souvent alors atteintes de parasites (souvent les deux en mêmes temps) de type herbivores et cryptogamiques.

Note: Avant de continuer cet article, les buttes et autres techniques décrites ci-dessous ne sont pas adaptées à tous types d'écosystème et ce n'est pas ce qui résume la permaculture. Ce ne sont pas des "kit permacole" qui s'importent à n'importe quel endroit de la planète. On voit ce qui présent, on évite de rentrer dans un cycle d'importation au-delà de plusieurs km pour mettre en œuvre une technique. On réfléchit, on observe ces systèmes qui sont propres aux régions ou nous sommes situé, en pensant à comment on "aggrade" et améliore les modes de vie: sol, nourritures, eau, habitat, etc., en créant des systèmes intensifs sur une petite échelle.

La permaculture nous dit Nicolas Fabre :

promeut tous types de cultures végétales ou animales : élevage, maraichage, arboriculture (arbres et vergers), apiculture, pisciculture, myciculture, etc. L’autonomie recherchée est surtout une base éthique qui cherche juste et uniquement à se détacher progressivement des industries agroalimentaires et pharmaceutiques contemporaines, qui pense encore être indispensables au monde. C’est la science de la souveraineté […] qui est tout aussi révolutionnaire pour le citadin que pour l’immense majorité des ruraux.

Fondement de la permaculture, le sol


Claude et Lydia Bourguignon, ingénieurs agronomes et docteurs en microbiologie des sols, sont surtout connus depuis 2010, grâce au documentaire Solutions locales pour un désordre global de Corinne Serreau, ils ont fondé le LAMS en 1989 en quittant l’INRA trop proche de l’agro-industrie à partir de 1977.

Leur constat : les « sols » se sont dégradés très rapidement (surtout à partir des années 1970). L’industrialisation de l’agriculture conduit à l’observation suivante : « nous perdons trop de ce que nous cultivons » en comparaison avec l’agriculture traditionnelle. Le phénomène déclencheur est amorcé avec la « révolution verte » en 1977, lorsque les états, en confiant le développement de l’agriculture à l’agro-industrie (Monsanto, Novartis, Syngenta, Bayer,…) abandonnent leur mission de nutrition des peuples. C’est à ce moment que les règles du jeu changent tacitement : on ne cherche pas à nourrir l’humanité, mais à faire du bénéfice. Ce ne sont plus les états qui sont responsables de nourrir les citoyens, mais les groupes privés. En effet, selon C. Bourguignon l’Etat devrait plutôt réorienter les subventions afin de privilégier des méthodes alternatives de culture.

Il propose des conférences sur de nouvelles techniques d’assolement destinées aux gros agriculteurs jusqu’au petit jardinier, vous pouvez aller voir ces conférences ici.

L’agro-industrie intensive prône une « monoculture » et dès lors, une parcellisation des spécialités agricoles : l’élevage pour le lait en Auvergne et dans le Jura, la viande en Bretagne et le blé en Beauce. Par conséquent, au-delà de la problématique des importations/exportations, la parcellisation entraîne un appauvrissement considérable en matière organique et donc des sols. S’ensuit alors irrémédiablement une dégradation biologique de la faune et de la flore jusqu’à une dégradation chimique des sols : une conséquence néfaste en est la multiplication des inondations.

Certains industriels s’accommodent à penser que la démocratisation de l’alimentation passe par cette spirale d’intensification dans l'élevage, dans l'agriculture, dans l'usage de pesticides (qui sont enfin reconnus dans les tableau de maladies professionnelles selon l’association phyto-victimes), de farines animales, de standardisation des denrées (le Salvador fait résistance aux semences hybrides avec la mise en place du FAP et connait une meilleur production). On ne cultive plus, on gère et on contrôle la pathologie sur le végétale, le rendement et le l’augmentation du CA. Justement, le groupe Invivo a annoncé vouloir commercialiser des phytosanitaires génériques et investir dans l'agriculture de précision : en cartographiant les parcelles, il veut ainsi améliorer la gestion des semences et des rendements, il veut également devenir un leader sur le segment des pesticides génériques. Le problème est pris à l’envers, on oublie que la première nécessité est de cultiver dans un milieu sain. De facto, ces approches désertifient et détruisent les sols quand on veut fertiliser la plante. C. Bourguignon précise qu’à force de déraciner les plantes on finit par déraciner les hommes.

Claude et Lydia Bourguignon nous expliquent qu’un système agricole qui se veut sain et productif doit prendre en compte l’équilibre « agro-sylvo-pastorale », le croisement entre l’agro (cultures); le sylvo (forêt) et pastoral (animaux). La forêt a plusieurs avantages : elle produit de la matière organique, elle est un pare-vent au dessèchement des vents et un écran filtré du soleil. Cela concerne bien entendu en premier lieu tous les espaces de productions : jardin familial, monastère, partagé, vergers, pépinières, etc. L’agriculteur évolue dans un système complémentaire qui préserve une biodiversité locale avec des haies bocagères, des arbres, des haies ; le BRF sera l’amendement par excellence pour redonner de la vie au sol et un équilibre argilo-humique.

Ce modèle est-il possible ? Il est surtout obligatoire selon C. Bourginon.

   

Livre : Le sol, la terre et les champs de Claude et Lydia Bourguignon aux éditions sang de la terre.

Cultiver sur « buttes »



agromedia

Hugelkultur selon Sepp Holzer

La technique de « couche chaude » permet de hâter les semis, les plantations, les transplantations et les repiquages. On dispose généralement d'intrants : couches de fumier et couches de bon compost ou terreau. Le fumier permet de chauffer rapidement la butte et le compost l’enrichit.

Mais tout cela n’est pas du plus économe et du plus durable.

Effectivement, toutes les techniques biologiques évitent de labourer la terre, d’utiliser des pesticides chimiques, sans pour autant passer par la case de « culture sur butte ». Non, la permaculture ne se résume pas à la culture sur buttes, bien entendu, on peut très bien faire de la permaculture sans buttes (par exemple, quand le sol n'est pas trop aride, sec, ni à l'inverse trop humide, si l'herbe y pousse bien, cette forme de culture n'est pas nécessairement prioritaire). Il y a surtout de grandes règles à respecter de manière générale, en restant vigilant :

  • bien couvrir son sol
  • ne pas marcher sur les zones avant de cultiver pour garder un sol très meuble,
  • laisser des racines mêmes mortes pour garder un sol léger et décompacté,
  • favoriser la polyculture faisant office de traitement contre tous types de maladies et amener de la biodiversité dans sa densité.

Un « jardin sur butte » est connecté aux ressources locales propres à un milieu environnant, qui délimite la conception de la butte de départ. Les futurs déchets verts serviront à établir la structure de la butte. Dans une approche durable et locale, on compose avec ce que l’on trouve sur place.

Quelle est la richesse potentielle de départ de mon futur terrain ? Il serait dommage d’établir une butte en négligeant le milieu biologique. Ainsi, on reconstitue un milieu en permaculture par la valorisation d’un espace en mettant en place les futures interactions et le respect du biotope pour qu’il devienne un écosystème stable, à moyen terme. Un futur système permacole est fourni d’une canopée (les grands arbres), l’étage du dessous avec les arbres et les arbustes fournis de haies bocagères, de plantes grimpantes et buissonnières… Le « jardin sur butte » aura moins de mal à s’établir, étant donné que l’isolation des buttes par la surélévation provoque un plus grand échange avec l’air, et par conséquent, plus d’évaporation. La disposition générale d’un jardin en buttes, tend à être plus concentrique (mandala comme l'appel certains) : favorisant différentes expositions (orientation nord/sud : plus de soleil; orientation est/ouest: plantes de mi-ombre sur la partie nord et inversement, celles de soleil sur la partie sud), mais peut se faire en serpentin ou encore en "trou de serrure" et la récupération d’eau (selon la pente).

Il y a trois techniques :

Les « buttes terres » d’Emilia Hazelipp qui semble être la première inspiratrice en France, il y a quarante ans et mise en place sur le terrain, la culture sur butte, par une méthode approuvée. Elle s’inspire des travaux de Masanobu Fukuoka et de Marc Bonfils, à travers le principe des jardins synergétiques : le sol travaille par lui-même, la terre se nourrit de la bio masse, la terre des allées est récupérée pour faire des buttes, le sol n’est pas compacté et s’aère de lui-même. Ces buttes très arrondies et hautes permettent de jouer avec des microclimats selon l’exposition sur un petit espace ; ces buttes de terres sont pérennes quand elles sont bien paillées.
Pour le choix de la mise en place des cultures : le pourtour de ces buttes sont garnis en alliacées (Ail des Ours, Poireau vivace,etc.) et en aromates (basilic, camomille, etc.), parce qu'ils supportent moins l'eau et surtout, il forme une barrière anti-prédateurs herbivores par leur vertus répulsives qui protègent le sommet des buttes, où sont plantés les cultures de longue durée (système racinaire plus pivotant). Entre les deux, se trouvent d'autres légumes et légumineuses. Le grand avantage et qu’il n’y a pas forcément besoin, au moment de l’installation, de disposer d’un stock important et diversifié de matière organique.

Les « buttes sandwich » (ou « Buttes autofertiles ») dites aussi « Buttes Morez » du nom de l’ingénieur agronome Robert Morez (source : les cahiers de l’agro-écologie aux éditions Perrault), ingénieur agronome et agro-écologiste.

Le tronc volumineux en bonne décomposition placé sous la butte, se transformera en souche et sera bénéfique pour l’ensemble. La souche acquerra une texture spongieuse qui assurera une rétention d'eau conséquente permettant de se passer totalement d'arrosage (sauf au moment du repiquage pour tasser). Plus de traitement, plus d'engrais et presque plus besoin de semis (bouture et repiquage issu de ses productions).

Butte permacole

Butte permacole de Selp Holzer

Les buttes ont une durée de vie comprise entre 5 ans et 10 ans, elles peuvent reposer par « rotations/engrais-verts ». Les bacs tressés des jardins médiévaux ou des cloîtres sont fondés sur le même principe, s’appuyant sur le même support en bois qui cadre, à la grande différence que la superficie de production sera moins grande qu’une butte.

Les « buttes lasagnes » à la différence des « buttes terre » d’Emilia Hazelipp, ont besoin d’avoir d’emblée beaucoup de matière organique pour créer un processus d’aggradation et non de dégradation (sols labourés/bêché). La constitution de cette butte s’opère comme le compost: favoriser une vie aérobie avec l’empilement de couches de carbone et de couches d’azote, pour finir par une dernière couche de terre sur 20 cm et un paillage sur 10 cm. La fertilité est exceptionnelle dès le début, offrant une température augmentant très vite en attirant tous les organismes décomposeurs dès les premières semaines. En revanche, la création nécessite beaucoup de matière organique, de plus, la fertilité de la terre n'a pas d'importance puisqu'on cutilve directement sur la lasagne qui est une sorte de "compost en évolution" La « butte lasagne » par rapport aux deux précédentes, a une durée de vie limitée, elle s’affaisse au bout de 9 à 12 mois. En redevenant plate, elle devient un support très fertile.

En résumé, il n’y a pas de grandes règles pour constituer une butte. Toutes les techniques exposées sont à tester et peuvent même être fusionnées entre elles. Encore une fois, on ne peut penser un jardin en butte sans prendre en compte le « biotope » de départ et la gestion permacole prévue par la suite. Quelques inconvénients au début : la mise en place d’une butte perturbe de façon provisoire la vie du sol. Toutefois, par la suite il n’y a que des avantages : une fertilisation constante, un meilleur réchauffement hors-sol (microclimat), les bords de la butte captent mieux les rayons du soleil au matin et au soir, un besoin infime en eau, mieux drainés (pas de stagnation) et une surface cultivée plus grande (augmentant le potentiel de culture par associations, compagnonnage et engrais verts).

   

En définitive, une butte s’étend jusqu’à 1m20 de large et 1m minimum, on laisse des allées de moins d’1 mètre pour y circuler facilement. Par conséquent, la butte se forme par une succession de matières :

  • Les branchages divers bien rangés parallèlement en bonne voie de décomposition qui sont des vecteurs essentiels pour démarrer,
  • Le BRF encore vert et les déchets verts de feuillus broyés (sec à vert) qui colmateront les espaces entre les branchages : apport de lignine et de cellulose,
  • La couche de compost ou de fumier (fourni par l’éleveur) avec un peu de cendre pour la potasse,
  • Arrosage pour tasser,
  • Les déchets de cuisine (végétaux) mélangés à de la paille qui apportera encore de la cellulose,
  • La terre végétale du premier décaissement pour recouvrir l'ensemble de la butte,
  • Le paillage de feuilles/pailles pour la butte et les écorces pour les allées (plus longue décomposition, pour éviter de trop tasser le sol) toujours sur une épaisseur de 10 à 20 cm. On peut comme à la ferme du Bec Hellouin, laisser la paille ou feuilles sur allées ou elle va commencer à composter qui sera remise sur la butte en été.
  • Pour garder le paillage sur les buttes, on peut disposer des tuteurs en bois en quinconce maintenu par un cordage.

Pour plus d’infos, cliquez ici.

« D'autres conseils et approches pour les buttes de cultures »

La technique des buttes en plus d’être esthétique, reste idéale pour des petits espaces où le sol est pauvre et tassé. C’est-à-dire pour des jardins urbains, péri-urbains, mais également pour des micro-fermes, héritant d’un sol qui n’est pas spécialement propice à la culture. Des espaces allant d’une superficie d’environ 50 à 2000 m2.

Comme dit précédemment, l’approche permaculturelle aide à regarder le potentiel d’un terrain où avant d’établir des buttes, je regarde le « biotope » (quelles sont les valorisations et les interactions dans mon espace pour recréer ou stabiliser un écosystème à moyen/long terme). Pour des jardins urbains notamment, les règles du jeu sont un peu différentes ; ces jardins ont par nature un sol tassé et il y a un manque d’aération manifeste qui amène un grand nombre de maladies cryptogamiques. Dans ce contexte, l’approche « bio intensive » est peut-être suffisante à court terme avant de recréer un espace permaculturel. L’approche bio intensive cherche des moyens biologiques efficaces, en revanche, elle ne prend pas en compte les cycles naturels, ce que touchera la permaculture par la suite.

Dans la conception d’une butte, on compose avec ce que l’on trouve sur place. Les buttes restent connectées aux ressources locales, propres à un milieu environnant, pour faire leur structure: les déchets verts (adventices et gazons), mais surtout la terre décaissée venant du creusement des allées.

Les buttes peuvent prendre plusieurs formes, c’est à tester :

buttes

 

La butte de forme ronde, à droite de ce schéma chauffe plus vite, du fait de sa plus grande hauteur; celle de gauche est davantage utilisé pour le maraichage sur de grandes longueurs; et enfin, celle du centre est pensé pour améner une plus grande diversité dans les micro climats ; par exemple en plus de planter des courges ou des tomates sur les hauteurs, dans l’affaissement nous allons privilégier la plantation de plantes d'ombres à grand feuillage (hostas, fougères, etc.) ou autres plantes qui supportent l'humidité. Ce type de plantes garantit une protection et une fraicheur, pour les autres.

Il y a encore bien d’autres formes. On peut noter une qui est très connue, celle de gauche dans notre schéma ci-dessous dite en « trou de serrure » : Un accès facilite sur la partie centrale, les plantations sont disposées en courbes.

buttes

Schéma et expérimentations à la « Ferme de Paris »

Et enfin, la butte « spirale ». On y cultive généralement, des plantes aromatiques. Ce type de butte va générer encore plus de microclimats et plus de biodiversité sur un tout petit espace. On y trouve des zones qui favorise les facteurs suivant : l’humidité (écoulement de l’eau sur la spirale), l’exposition (zone ombragée à très ensoleillée). La concentration des pierres amène des pièges à chaleur, et une multitude de petits animaux (abeille, hérisson, etc.). On peut attirer davantage d’insectes en plaçant dans les fentes : des tiges creuses en bois (sureau, bambou, etc.). À titre d’exemple, on place sur la hauteur des plantes pour sol « sec » (sableux/rocaille) : lavande, thym, romarin, etc. ; dans la pente : pimprenelle, persil, oseille, ail et tout en bas : menthe, mélisse, basilic, etc. On comprend, que la partie haute accueil des plantes pour terrain aride pour arriver à des plantes, pour sol plus frais à humides.

buttes

Butte spirale d’aromatique. Crédit photo : centre terre vivante – magasine 4 saisons du jardin bio

Notes en +, pour la réalisation d’une butte autofertile : il est important de maintenir les bords d’une butte, pour que le paillage puisse se maintenir, on y place des planches et autres supports en bois de recup. Creuser tout autour (10 cm de large) pour guider les eaux de pluie sous la butte, dans l’objectif que les bois/branchages au cœur soient des réservoirs/éponges.

butte autofertile

Réalisation d’une butte autofertile « approche Robert Morez » - jardin associatif – APA – Paris

Effectivement, la dégradation de toutes ces matières organiques (en particulier le BRF: broyat en décomposition avec présence de mycélium) disposées à la surface peut créer une « faim d’azote », mais cela dépend de la saison quant à la disposition du paillage (l’idéal reste l’automne pour éviter la faim d’azote et garder un sol chaud). Parfois, nous n’avons pas le choix de la saisonnalité pour la création d’une butte, c’est pour cela qu’il est conseillé de semer directement des engrais verts de type légumineuses (Luzerne, trèfle, vesce…) ou fabacées, pour l'apport d'azote.

Pour la première tranchée, il est capital d’utiliser du BRF pour combler les trous d’air entre les bûches et les branches. Pour continuer le tassement, il faut arroser.

buttes

Jardin associatif – APA - Paris

Effectivement, on peut faire un mix entre l’approche de Robert Morez pour la « butte autofertile » et de Sepp Holzer pour la « butte Hugelkultur », le plus important et de bien comprendre la finalité : est-ce que je veux créer des buttes durables ? Pouvant avoir une durée de vie de 10 à 20ans ou de recréer un sol fertile en laissant ma butte se tasser sous son propre poids, au bout de quelques années. La durabilité d’une butte se détermine si j’apporte plus de buches ou plus de branches dans sa fondation. Un autre critère d’importance est l’avancement de la décomposition du bois. Il est déconseillé de disposer au cœur de sa butte certains bois comme le noyer parce qu’il est inhibiteur et de jeunes buches de conifères et de chêne, parce qu’elles mettront un certain temps à se décomposer.

Pour le cas des villes, il y a de nombreux jardins encerclés de bétons ou de friches dégradés et bien d’autre configuration ou la majorité des plantes végète. « La culture en lasagne » est la meilleure approche pour vite reconstituer de la biomasse et pour réoccuper un « sol support » de mauvaise qualité (gravats divers et asphyxie). Bref, cette approche se parachute sur tous types de lieux.

Pour la couche d’azote, il est bien de valoriser les déchets vert fertilisant qu'est l'ortie et la consoude (si ces plantes sont déjà présentes sur le terrain, il faut mieux les laisser ce ressemer pour en avoir davantage l’année suivante). Quand une lasagne est en fin de vie, c’est-à-dire tous les ans ; nous pouvons prélever le compost quelle a fournis pour d’autres endroits du jardin et en garder un stock pour la nouvelle, ce qui va améliorer constamment et progressivement les emplacements en s’affranchissant des sols rocailleux ou argileux.

lasagnes

Les lasagnes en bottes de paille de Damien Eckartz sur la graine indocile : http://www.lagraineindocile.fr/p/blog.html

buttes

Réalisation d’une lasagne dans un jardin d’ornemental. La structure de la butte est surtout constituée de reste de plaque d'un vieux gazon/adventice. Rien n’est évacué. Des vivaces de mi-ombre ont été plantées : hostas, fougères et gillenia trifoliata.

Les livres en complément :

  • Manuel de culture sur butte de Richard Walner sur http://aupetitcolibri.fr/particulier.php
  • Les cahiers de l’agroécologie de Robert Morez.
  • Le BRF, vous connaissez ? de Jacky Dupéty
  • L’art du jardin en Lasagne de Jean Paul Collaert

L’exemple de Philip Forrer

Philip Forrer est un hollandais - la Hollande est un pays qui par son agriculture très intensive n’a quasiment plus de biodiversité dans ses sols - qui cultive sur buttes, depuis 25 ans dans l’Aude. Dès 1971, il était en discussion avec Selp Holzer et a rencontré Masanobu Fukuoka. Sa règle : le jardin doit se débrouiller tout seul. On doit faire très peu et être « éco-logique ». Sur une surface de 600 m2, la ligne directrice : pas de travail du sol, pas d’arrosage, pas d’intrants, plus de traitement même bio, plus de semis pour certains légumes qui sont dorénavant repiqués (comme les tomates, les pommes de terre, la courge, la salade). Il utilise un paillage végétal d’au moins 20 cm d'épaisseur, même munis  « d'aiguilles de pins » et de sciure de bois non traitées, avec d'autres types de paillis. Les déchets de cuisines sont directement disposés dans les buttes, en les recouvrant juste avec des aiguilles, des feuilles, des tontes, etc.

En effet, dans ce cas, la bonne disposition et parcellisation de ces buttes évitent le recours au compost. Les aller-retours entre les différents points du jardin (récupérateur d’eau, etc…) sont limités. Les buttes sont remplies de matières organiques complémentaires, tels des « lits chauffants » qui produisent un enracinement exemplaire et fournissent une incroyable abondance, dans les récoltes.

Phillipe Forrer

Phillipe Forrer

Voilà une approche déroutante par le travail léger qu’elle implique. Nous sommes loin du « jardin à papa » et de ses légendes à propos de la propreté (désherbage, tonte) et de la présence assidue au potager. Cet exemple de jardin en « buttes » bouleverse un certain nombre de jardiniers. On évite le composteur (même si le compostage est utile au début du cycle des buttes), ainsi que les traitements à base de purin de plantes, etc… Nous sommes ici face à un modèle de permaculture installé dans son biotope de façon optimale.

Le tout est couronné, du principe « d’électroculture » qui accroit les productions des récoltes, du fait d’un climat sec et pierreux. L’électroculture est un phénomène physique qui a été initié dans le jardin, par Marcellin Bertholot à Meudon.

Phillipe Forrer

 


Tour

Tour Marcellin Bertholot

Les lieux, les exemples concrets


Il n’y a pas forcement de théorie en permaculture, elle s’adapte au contexte ; à chaque lieu son dessin, elle se nourrit d’échanges, d’inspirations à partir de traditions agricoles multiculturelles. La permaculture peut aussi s’étendre aux installations humaines, abordant le sujet des « villes en transition » et offrant la possibilité d’un exode urbain dans une approche néo-rurale : des villes devenant plus rurales dans un fonctionnement plus local, décentralisé et participatif avec une grande capacité de « jardin familial » à « partager », des « bases autonomes durables », des « éco-villages », des « micros-fermes ». Nous allons nous intéresser au concept de « micro-ferme ». Elles sont des greniers à provisions et productions pour les villes, c’est dans la ville de Détroit que ce concept est devenu central entre 2005-2010, ces projets constituent une véritable alternative pour des communautés solidaires dans les villes qui sont particulièrement fragiles parce qu’elles sont tout simplement en situation de dépendance alimentaire (1 à 2 semaines de provision dans une ville comme Paris).

Hantz-farm qui réinvestit des parkings et autres surfaces abandonnées sur un total de 3000 hectares veut nourrir la ville de Détroit qui se trouve être en grande difficulté en matière de recyclage, d’énergie et de nutrition.

Woodlands

Ces surfaces deviennent des réceptacles pour mettre en place des fermes qui sont les graines de ce futur développement. Il reste à savoir quelle forme cela prendra à moyen-terme ? Le Détroit du 21e qui se veut auto-suffisant compte sur sa géographie en « damier » de 370 km2 : c’est une sorte de jeu de « morpion » faisant alterner quartiers denses et abandonnés. Le but est qu’une grande majorité de territoires abandonnés, puissent être équipés de « fermes pilotes » selon un micro-maraichage englobant la polyculture sur tous types de supports (vertical à horizontal). Tout est pensé en vue de la maximisation de l’espace. Les recherches de la FAO (Organisation de la nourriture et de l'agriculture) démontrent qu'un microjardin traditionnel bien entretenu de 1m2 peut produire jusqu'à 200 tomates par an, 36 têtes de laitue tous les 60 jours, 10 choux tous les 90 jours et 100 oignions tous les 120 jours. Nous retrouvons le modèle de « cité-jardin » de Robert Park, mais ici, l’espace est comblé de « micros-ferme pilote » d’1 hectare sur des zones urbaines qui connaissent des problèmes sociaux de plus en plus complexes. Cet exemple nous montre l’importance de l’indépendance dans la production potagère. Les principes de permaculture vont recréer de la profusion locale (vie harmonieuse) là où régnait la pénurie globale (maitriser plutôt qu’observer).

Le but est de cultiver exceptionnellement bien sur une petite surface plutôt que sur une grande surface. En effet, les micro-fermes produisent bien plus que les grosses, car les ressources sont mieux valorisées.

Un lieu permacole recherche à moyen ou long terme l’équilibre entre des techniques bio-intensives (apports de fertilité immédiate) et une pérennité qui préserve et s’adapte à un milieu. Comme expliqué sur les techniques de « culture sur butte », la permaculture est une approche souple qui se veut la plus pragmatique possible.

forêt jardin fer à cheval

Un jardin-forêt dessiné en « fer à cheval » ; Nicolas Fabre, Mon retour à la terre : guide néo-rural


Doline Causses

Doline dans le plateau des Causses, Les « dolines » dans leurs formes sont des espaces de permaculture potentiel

 

La ferme du Bec-Hellouin

La ferme du Bec-Hellouin de Perrine et Charles Hervé-Gruyer, néo-ruraux et paysans depuis presque 20 ans a fait parler d’elle à partir de 2010. Leur concept de « micro-fermes » conçue pour nourrir « les hommes et guérir la terre » s’adapte à tous types de milieux : urbain, périurbain, village, rural. On peut dire que par son autonomie et sa productivité, la micro-ferme s’inscrit actuellement dans un modèle de « ferme de haute-densité », c’est-à-dire qu’elle pourvoit à tous les besoins d’un village de proximité et produit toute une gamme de produit diversifié : légumes, fruits, élevages, poissons, etc… Et ce sur un espace de deux hectares.

   

C’est un des exemples les plus réussis actuellement en termes, de lieu en gestion permacole. Ici on recrée une certaine intimité avec la nature et on change le rapport souvent antagoniste entre protection de l’environnement et production humaine. La démarche de Perrine et de Charles est peut-être une anticipation de l’ère pétrolière et de certaines ressources naturelles. Elle annonce un retour aux sources, c’est-à-dire la réappropriation de la découverte du bon sens terrien, pour toucher et contempler le beau qui permet de réinventer le travail du jardin. Selon leurs mots :

« Pied de nez à l’agriculture industrielle, qui ne cesse de remplacer l’humain par la machine et les énergies fossiles ? Pari insensé à une époque où le travail est cher et les produits agricoles généralement peu rémunérateurs ? Certes, mais la permaculture propose justement de faire du problème une solution ! La main humaine devient un atout lorsqu’on lui confie des tâches que la machine peut difficilement réaliser : créer des espaces cultivés intensément vivants, soigner amoureusement le sol et les plantes, associer et densifier les cultures. »

Cette ferme réussit manuellement avec l’aide de la traction animale à produire sur 1000 m2 cultivé l’équivalent de 2000m2 de cultures conventionnelles ! Dans certains pays en Asie (Cambodge, Laos,…) une famille de 5 personnes disposant simplement d’une vache ou d’une chèvre et d’une bassecour parvient à être autonome sur un 1 hectare. Effectivement, à cette échelle la permaculture n’est pas juste un récapitulatif de techniques biologiques, mais bien un système tendant à la conception d’agrosystèmes.  On prône ici ce système de permaculture, parce qu’il est bien adapté à de petites surfaces avec des solutions à bas coût, reposant sur une observation attentive du milieu et une connaissance poussée du fonctionnement du vivant.

La ferme s’est réfléchie en plusieurs zones concentriques selon la priorité des soins et de l’attention : la première zone avec l’habitat ; la deuxième avec le potager, le compost, les condiments… ; la troisième : la basse-cour, le vergers… ; la quatrième : élevage des ruminants, la forêt pour le bois de chauffage et la cinquième : un espace naturel sensible qu’on laisse en régénération, avec très peu de visite humaine, c’est le poumon vert.

   

Culture sur butte

"Culture sur butte" et "Ile Jardin"

Topographie de la ferme

Topographie de la ferme, dessin Charles Gruyer

Ce concept concerne tous type de superficies : de 200m2 à 4 hectare. Il s’adapte même à un contexte urbain : on peut penser devenir alors être « paysan à temps partiel », ce qui est tout à fait possible dans une micro-agriculture permacole.

Cela remet en cause la taille que devrait avoir une exploitation pour démarrer ; une surface agricole initiale selon la MSA est reconnue à partir de 3 hectares et incite ainsi toujours le jeune agriculteur à s'étendre et à se mécaniser pour être productif sur une grande surface. Au-delà de l’endettement, l’agrandissement des exploitations réduit le nombre de paysans avec cette obligation d’industrialiser et de gérer des parcelles. Justement, un grand nombre d’études effectuées dans le monde entier montre que plus une ferme est petite, plus elle est productive par unité de surface ; c’est ce que constate la Banque Mondiale à propos de l’agriculture familiale et paysanne, particulièrement en Asie (90 % des fermes dans le monde font moins de deux hectares). Ces analyses mettent en évidence le fait que nous pourrions permettre à des familles, dans un espace urbain réduit, de se nourrir, en rendant les jardins comestibles, de recréer des emplois là où il y en avait plus et de réintégrer des personnes par le travail agricole.

Charles l'explique:

« elles [les micro-fermes] ne ressemblent guère aux exploitations agricoles classiques, nos sources d’inspiration viennent d’ailleurs : des peuples premiers, des paysans d’autrefois, mais aussi des dernières avancées en matière d’agriculture naturelle […] Nous sommes persuadés que la permaculture est l’avancée contemporaine la plus pertinente pour réconcilier l’Homme et la Terre. C’est une science, une philosophie, un art de vivre encore très jeune (même si ses principes sont pratiqués depuis la nuit des temps, partout dans le monde, sans qu’ils aient été décrits sous cette forme), riche d’un extraordinaire potentiel ».

Pour récapituler :

  • La nature est un modèle où tout est lié, elle est productive par elle-même.
  • On conçoit des installations humaines : harmonieuses, durables, résilientes, économes en travail comme en énergie, à l’instar des écosystèmes naturels.
  • Le jardin est constitué de petits milieux qui interagissent constamment, entre la « forêt-jardin » (brise vent et production de bio-masse), « l’île jardin » et ses « buttes de cultures », « vergers-maraichers », l’établissement de microclimats dans toutes les parties du jardin, complémentarité des éléments en créant des interactions bénéfiques : soin très attentif du sol, densification des semences, association de cultures.
  • Le plaisir de travailler, le jardin n’est plus un labeur : on entretient en contemplant ce foisonnement de vie. On peut juste consacrer quelques heures par jour, tout en exerçant un autre travail dans une démarche de simplicité ou de sobriété heureuse pour paraphraser Pierre Rahbi.

« C’était exactement ce à quoi nous aspirions lorsque nous nous sommes lancés dans cette aventure. Il est d’usage, dans le monde agricole, d’opposer respect de l’environnement et productivité – comme si la nature n’était pas productive ! Ce clivage peut être dépassé : les rendements de nos jardins surprennent les agronomes, tandis que les naturalistes sont interpellés par le nombre d’animaux sauvages vivant dans cet espace intensément cultivé. Notre chemin de terre nous a fait rencontrer quelques fondateurs de l’agriculture bio en France, mais aussi des agriculteurs américains, débordants de créativité, qui nous ont eux-mêmes fait découvrir la riche tradition maraîchère parisienne au XIXe siècle. Nous-mêmes n’avons rien inventé ; comme des abeilles nous avons butiné à des sources très diverses, sortant des sentiers battus, prenant de plus en plus résolument une direction à l’opposé du système agricole dominant, qui ne cesse d’artificialiser la nature. Notre mission est d’offrir aux plantes les conditions les plus favorables à leur épanouissement. Nous sommes les serviteurs des vers de terre ! »

Sources : Permaculture – Guérir la terre, Nourrir les hommes – éditions Acte Sud – Domaine du possible (septembre 2014).

Nous ne sommes pas sur terre pour garder un musée, mais pour entretenir un jardin.

nous dit Saint Jean XXIII ; je rajoute que pour qu’il soit florissant il faut développer du vivant et comme la ferme du Bec-Hellouin tendre vers un entretien qui harmonise et non la gère.

Vous rendez vous compte, que nous en savons moins sur la terre sur laquelle nous vivons que sur les étoiles ou les galaxies de l'espace, le plus grand des mystères se trouve sous nos pieds.

Jules Vernes, Voyage au centre de la terre

Les solutions alternatives avec l’agriculture biologique, est-ce généralisable à travers le monde ?

 

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